L'Arca est une tombe collective, sorte de chambre souterraine voutée à orifice
étroit fermé par une dalle de pierre. Cette "sépulture pour tous" témoigne d'une
tradition d'inhumation collective fortement enracinée au cours des siècles dans
le milieu rural insulaire.
En 895 le Concile de Tibur (actuellement Tivoli)
avait reconnu officiellement aux clercs de l'église universelle le droit de
sépulture dans les églises et cette autorisation avait été, dès la fin du Xème
siècle, accordée aux seigneurs. Tout au long du Moyen-Age la Corse s'inscrit
dans ce courant mais dès la fin du Moyen-Age, en Italie et en Corse notamment,
ce privilège cesse c'être "nobilaire" pour devenir aussi celui des "pauvres,
des membres de confrérie et des pélerins..."
Mais au lieu d'être un tombeau
individuel, il s'agit d'une fosse commune aménagée souterrainement au pied de
l'autel ou dans un petit édifice proche de l'église, comme c'est le cas à Zevaco.
Cet usage n'allait pas sans problème d'hygiène et risque d'épidémie pour les
communautés villageoises. Aussi en 1776, un édit royal interdisit les sépultures
dans les églises insulaires et en 1789, un décret révolutionnaire ordonna pour
toute la France l'établissement de cimetières communaux, loin de tout lieu
habité. La Corse fut soumise à cette réglementation générale mais les
transgressions furent nombreuses et on continua à enterrer dans l'Arca.
C'est en 1830 que le préfet de la Corse, Jourdan du Var, mit fin aux derniers
abus et toutes les Arca furent fermées. Celle de Zevaco fut exceptionnellement réutilisée pendant l'épidémie de grippe espagnole, de mai 1918 à janvier 1919, qui fit 40 victimes au village.
L'Arca de Zevaco contient notamment les restes de Jean-Côme Poggi, juge
d'instruction à Porto-Ferraio (Ile d'Elbe), "chambellan" de Napoléon Ier.
Elle a été restaurée et classée monument historique le 11 mai 1981.